DIMANCHE MATIN A ARGENTEUIL

 

Œuvre acrylique du peintre Genevois Michel Hegi.

Dimension 58 cm. x 48 cm. peinte en aout 2017 prix CHF: 450.00 cadre inclus

 

ARGENTEUIL

Préhistoire et Antiquité
Des traces de présence humaine sur les hauteurs de la commune remontent à la période acheuléenne, vers 400 000 ans, du moustérien et de la technique Levallois (60 000 ans). De nombreuses fouilles réalisées à Argenteuil depuis 1877 en attestent. Mais les premières traces de sédentarisation embryonnaire ne remontent qu’au Néolithique récent, entre 3400 et 2700 av. J.-C.

Deux grandes sépultures collectives préhistoriques et leur mobilier de la civilisation Seine-Oise-Marne ont été mises au jour à Argenteuil, rue des Déserts en 1867 et dans la cour de l’usine Vivez en 1943. Les hommes de cette civilisation sont sédentaires et pratiquent l’élevage et l’agriculture, mais les matériaux périssables utilisés pour l’édification des habitations n’ont laissé subsister que les allées couvertes funéraires. Celles d’Argenteuil contenaient les ossements de plusieurs centaines d’individus.

Durant l’époque antique, la population qui occupe le territoire d’Argenteuil se répartit en petites exploitations agricoles de type villa. Des traces de ces habitats ont été localisées : des fondations d’une maison gallo-romaine à Orgemont, et dans le centre-ville actuel, rue Defresne-Bast. Deux nécropoles gallo-romaines ont également été retrouvées dans le sous-sol, près du lycée Jean-Jaurès au Val Notre-Dame et près de la gare, en centre-ville. Au IVe siècle, les romains apportent à Argenteuil la culture de la vigne.

Moyen Âge Modifier
En 656, un monastère de bénédictines y est fondé. L’histoire raconte que, sous Charlemagne, l’impératrice Irène envoya à l’Empereur un vêtement réputé être la tunique de Jésus Christ. Celui-ci donna cette relique au prieuré d’Argenteuil, parce que sa fille Théobrade en était abbesse. Lors de l’invasion des Normands, les religieuses, pour soustraire la robe de Jésus Christ à la profanation des barbares, l’enfermèrent dans une muraille, où elle resta jusqu’en 1156.

Le nom d’Argenteuil apparaît pour la toute première fois dans la charte de la fondation de Childebert III en 665 qui accorde le droit d’élever un monastère à Argentoialum. On ne connaît pas l’origine étymologique du nom d’Argenteuil, les trois hypothèses les plus courantes sont :

Argent, couleur de gypse et du plâtre affleurant (carrières), suivi du suffixe celtique -ialo (clairière), ayant évolué en -euil ;
Argent, dans le sens de rivière (surface miroitante…) ;
Ar Gen Ti Eul, qui en langue celtique signifierait « la petite maison blanche ».
À cette époque, un bourg se développe sur les rives de la Seine, grand axe commercial, le long de l’actuelle rue Paul-Vaillant-Couturier qui constitue l’axe historique de la cité. Des implantations humaines se multiplient sur cet axe et dans son prolongement, rue Henri-Barbusse, près de la chapelle Saint-Jean-Baptiste, sous l’emprise du centre commercial « Côté Seine », et au sud de l’ancien château du Marais. Aux ive et Ve siècles, les invasions germaniques ruinent la bourgade.

Les premières traces d’un réel développement urbain remontent aux XIIIe et XIVe siècles. L’abbaye Notre-Dame, qui apparaît pour la première fois dans les textes en 697, constitue le centre du bourg puis de la ville médiévale. Le monastère est reconstruit au IXe siècle ; il occupe une vaste surface comparativement à la ville, en bordure du fleuve (approximativement du boulevard Héloïse, alors bras de la Seine, à l’actuelle rue Notre-Dame, et de la rue du 8 mai 1945 à la ruelle de l’Hôtel-Dieu). Argenteuil est une seigneurie ecclésiastique sous le contrôle du prieur ; l’abbaye y possède de nombreuses terres qu’elle exploite ou qu’elle loue, et détient le pouvoir économique. Le marché ne s’y tient pas devant l’église paroissiale, mais devant l’église abbatiale, bien plus vaste. Durant tout le Moyen Âge, Argenteuil connaît un important développement qui n’est interrompu que par les guerres, la Grande Peste ou les famines.

Héloïse fait ses études à l’abbaye vers 1110. Elle y acquiert une culture exceptionnelle, que remarque plus tard Abélard. Une fois le secret de leur mariage connu, elle se retire à l’abbaye et en devient l’abbesse. Mais elle en est chassée en 1129 lorsque Suger obtient du pape la rétrocession du monastère à l’abbaye de Saint-Denis.

À cette époque, la culture de la vigne est très importante à Argenteuil et y fait vivre 1500 villageois. On considérait alors le vin d’Argenteuil comme un très bon vin, apprécié par le roi François Ier que ce dernier envoyait aussi comme cadeaux diplomatiques. Cette qualité changera beaucoup par la suite. Pour faire circuler le vin, notamment, une activité portuaire importante apparaît.

La commune possède une tunique revendiquée comme la Sainte Tunique, offerte selon la légende par l’impératrice Irène de Byzance à Charlemagne en l’an 800, lors de son sacre comme empereur d’Occident. Ce dernier la confie au prieuré d’Argenteuil, dirigé par sa fille Théodrade qui en est la chanoinesse principale. C’est en 1129 peu après leur installation que des moines de Saint-Denis découvrent la relique dans un mur, probablement mise à l’abri lors des invasions normandes du IXe siècle. Le plus ancien texte évoquant l’existence de la Sainte Tunique remonte à 1156. Il s’agit de la ‘charte’ dite d’Hugues d’Amiens, archevêque de Rouen dont la datation est d’ailleurs contestée et qui a disparu, de manière troublante, en 1984. Ce n’est qu’au XVIe siècle que les pèlerinages sont attestés. Ils connaissent leur essor durant le XVIIe siècle.

Ancien régime Modifier

Argenteuil vers 1780, carte de Cassini.
Durant les XVIe et XVIIe siècles, la présence de la Sainte Tunique provoque un essor commercial et la multiplication des communautés religieuses.

En 1544, François Ier autorise la construction de fortifications autour du bourg pour protéger cette relique. Mais l’édification des remparts a également une importance économique, permettant de contrôler les denrées entrant et sortant de la cité et de les taxer. Les fortifications sont érigées en moellons et s’ouvrent par plusieurs portes donnant sur le fleuve et la campagne ; des tours de huit mètres de hauteur en assurent la défense. Les vestiges de l’une d’elles subsistent au sud du boulevard Karl-Marx. Achevées en 1549, les murailles figent la forme étirée de la cité ancienne. Assiégé par les huguenots, en 1565, Argenteuil fut pris d’assaut le 12 octobre, par le nommé Rouvray. Néanmoins, en 1567, le monastère est ravagé par les huguenots. C’est à cette époque que commence à Argenteuil la production de figues blanches.

Les boutiques se développent le long de la Grande Rue et autour du monastère, dont de nombreuses auberges ou commerces de souvenirs pieux. Les augustins s’installent dans la ville en 1632, les Bernardines en 1635 puis les Ursulines en 1647. À la fin du XVIIIe siècle, plusieurs moulins à vent sont construits sur les coteaux. Argenteuil abrite également une garnison de gardes suisses du Roi. Peu avant la Révolution, Mirabeau récupère le domaine du Marais, propriété des bénédictins depuis le Moyen Âge. Il faut cependant attendre le XIXe siècle pour voir la cité déborder de ses remparts et entamer une profonde mutation.

Le 2 juillet 1815, il y eut, à Argenteuil, un combat fort vif entre les Français et les Anglais. Les Français, quoique bien inférieurs en nombre, repoussèrent l’ennemi et lui prirent deux drapeaux.

Au début du XIXe siècle, Argenteuil demeure une cité peuplée en majorité de vignerons et agriculteurs. La vigne occupe l’essentiel du territoire, très morcelé avec 35 000 parcelles très étroites. Le bourg est essentiellement formé de maisons vigneronnes et maraîchères. La production s’adapte à la demande parisienne.

Article détaillé : Vins d’Argenteuil.
Les fortifications de la ville sont rasées et servent à combler un bras de Seine (l’actuel boulevard Héloïse). En 1832, un pont est construit sur la Seine. Il est payant jusqu’en 1910. Argenteuil voit apparaître manufactures et lotissements, et devient une destination dominicale pour les Parisiens en mal de verdure. Argenteuil possède également une industrie plâtrière, qui remonte à l’époque gallo-romaine, mais connaît son apogée au XIXe siècle grâce à la proximité du plus gros gisement de gypse d’Europe et des grands travaux haussmanniens à Paris
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En 1851, une ligne de chemin de fer en provenance de Paris-Saint-Lazare atteint la rive gauche de la Seine en face d’Argenteuil (ancienne gare d’Argenteuil). Il faut emprunter le pont routier, à péage, pour gagner l’embarcadère du chemin de fer situé à Gennevilliers à la frontière avec Colombes. L’actuelle gare d’Argenteuil n’ouvre qu’en 1863 quand la ligne est prolongée jusqu’à Ermont. Grâce au chemin de fer, la ville connaît un spectaculaire développement industriel. Sa population triple durant la seconde moitié du siècle et le groupe impressionniste y vient fréquemment pour peindre des toiles devenues célèbres : Claude Monet y séjourne de 1871 à 1878, Alfred Sisley, Édouard Manet, Gustave Caillebotte, Camille Pissarro, Van Gogh profitent aussi de la « douceur des bords de Seine » et de l’ambiance des guinguettes. Georges Braque y nait rue de l’Hôtel-Dieu le 13 mai 1882.

Les asperges d’Argenteuil, que l’on cultive entre les rangs de vignes, commencent à devenir célèbres grâce notamment à Louis Lhérault, « le parmentier de l’asperge ». La basilique Saint-Denys est construite en 1866 par l’architecte et Prix de Rome Théodore Ballu. Le Grand Orgue de Tribune de Louis Suret (1867) a été restauré en 2009.

À partir des années 1850, les usines s’installent au bord du fleuve : les établissements métallurgiques Joly fondent une des premières à Argenteuil, elle réalise par exemple les Halles de Paris de Baltard, les piliers de la Tour Eiffel ou la gare Saint-Lazare, puis surtout à partir de 1890, des constructeurs de bateaux (Caillebotte, G Boucher, Claparede), d’avions (Dassault-Bréguet, Lorraine-Dietrich, Donnêt-Leveque, Schreck) ou encore l’industrie métallurgique, largement encouragée par la municipalité d’alors, et ce malgré la protestation des habitants qui en dénoncent les nuisances.

Durant le siège de Paris en 1870 le quartier général de la brigade des uhlans de la garde prussienne s’installe à Argenteuil.

Le XXe siècle : une commune industrielle et ouvrièrE.

La gare d’Argenteuil au début du XXe siècle.

La basilique Saint-Denys, où est conservée la tunique d’Argenteuil. On notera au-dessus du portail la devise républicaine.
Au début du XXe siècle, Argenteuil voit cohabiter une intense activité industrielle et une importante vie agricole. Elle est la première ville industrielle et ouvrière de l’ancienne Seine-et-Oise, et accueille de nombreuses industries, liées à l’automobile naissante, aux pneumatiques et aux cycles (Lorraine-Dietrich, Morel, devenu Dunlop), à la construction navale (Chantiers Claparède, Boucher) et à l’aéronautique et l’hydravion (Lioré et Olivier, Leduc, puis Dassault).

En 1912, Jérôme Donnet et Henri Lévêque créent sur les ateliers d’Argenteuil et Bezons la société Donnet-Lévêque, la première de France spécialisée en hydravions, qui fit d’Argenteuil l’un des berceaux des hydravions avec ses Type B biplan de 9,50 mètres d’envergure et Type C de 10,40 mètres d’envergure. Le premier est propulsé par un moteur rotatif Gnôme OMEGA de 50 chevaux, le second par un moteur identique LAMBDA de 80 chevaux. En septembre 1912, le Type C no 10 est vainqueur du concours de Tempse-sur-Escaut en Belgique.

La ville s’étend le long de la Seine et déborde largement de ses anciennes fortifications. L’industrie influence pour une large part l’urbanisation de la ville, qui se partage entre habitations à bon marché (HBM) et cités-jardins d’une part, et développement anarchique de lotissements peu ou pas équipés d’autre part, en particulier durant les années 1920. Certains secteurs des quartiers d’Orgemont ou du Val Notre-Dame ne possèdent ni adduction d’eau, ni gaz, ni électricité ni voirie. En réponse à l’anarchie urbanistique, la municipalité réalise la cité-jardin d’Orgemont et les entreprises elles-mêmes, dans un souci d’hygiénisme paternaliste, en érigent d’autres comme celle de Lorraine. Contrairement aux lotissements, les cités-jardins possèdent des maisons bâties sur un même plan, une voirie organisée, des jardins privatifs, le tout autour d’équipements publics facilement accessibles.

En 1921, la ville dénombre environ cent entreprises industrielles et une multitude de petits ateliers. En 1924, c’est à Argenteuil qu’a lieu l’épreuve olympique d’aviron. Durant l’entre-deux-guerres, l’urbanisation incontrôlée fait sans cesse reculer les cultures viticoles et maraîchères. La crise des banlieues, le mécontentement qui s’ensuit, et la présence massive à Argenteuil de « mal-lotis » n’est probablement pas étrangère à l’arrivée d’une municipalité communiste lors des élections municipales de 1935, élément de la ceinture rouge de Paris. D’une cité agricole, la ville devient une cité ouvrière, où la culture populaire figurant l’ouvrier laborieux doté d’un savoir-faire et en lutte pour ses droits sociaux marque profondément les mentalités. Argenteuil est aussi devenue dès la fin des années 1920 une ville d’immigration ; parmi les communautés étrangères alors les plus nombreuses, on trouve notamment beaucoup d’Italiens et de Tchécoslovaques.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les habitants de la ville subissent un épisode du régime de Vichy du fait de l’existence d’un Centre de rassemblement des étrangers.

Avec la proximité du port de Gennevilliers, la ville subit des bombardements et est sinistrée à 36 %, d’autant plus que les usines d’aviation et de mécanique de précision travaillant pour les Allemands (Jumo, Sagem) et les usines de la rive gauche (centrale électrique, pneumatiques, moteurs d’avions) sont des cibles de choix, malheureusement souvent manquées par les avions alliés au détriment des Argenteuillais.

Œuvre acrylique du peintre Genevois Michel Hegi.
Dimension 58 cm. x 48 cm. peinte en aout 2017 prix CHF: 450.00 cadre inclus

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